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Vacances de février 2019

Du samedi 9 au dimanche 24 février. Reprise : le lundi 25 février 2019 !

 

Soirée "Portes ouvertes", vendredi 1er mars 2019 à partir de 17h30.

 

 

 

 

 

 

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Personnes, de Boltanski


 

PERSONNES, de Christian Boltanski

 

C Boltanski au grand palais janvier 2010 from profartpla on Vimeo.

 

Christian Boltanski a investi la nef du Grand Palais, pour la troisième édition de Monumenta (jusqu'au 21 février)

L'artiste français y a installé Personnes, une espèce de memento mori contemporain, une vanité monumentale, qui renvoie à l'inéluctabilité de la mort et à la fragilité de l'homme face à sa fin.

Boltanski a demandé à exposer en janvier, exprès, en espérant qu'il ferait froid et sombre. Ces jours-ci, il n'a pas raté son coup. De toute façon, il n'a pas voulu que l'espace soit chauffé.

Et le décor est planté dès l'entrée. Passé le hall, un mur, sorte de funérarium métallique, barre la vue de la grande nef . Il est constitué de briques cubiques rouillées, des boîtes de biscuit, matériau récurrent dans les oeuvres de Boltanski, qui portent chacune un numéro.

Une fois le mur contourné, Boltanski a installé dans toute la longueur de la nef un tapis de vêtements, plutôt des vestes, sombres, avec parfois de petits pulls d'enfants, plus colorés. Dans le renfoncement face à l'entrée, le visiteur voit une montagne d'habits de couleurs plus vives, plus claires.

Une grue porte une pince-robot orange qui descend et plonge ses crocs dans le tas de vêtements, en prélevant un paquet, comme une mâchoire monstrueuse. Elle les remonte et les relâche sur le tas. Des vêtements, par milliers, qui représentent chacun quelqu'un. Pour Boltanski, le robot, "c'est le doigt de Dieu, qui prend la vie, qui tape au hasard". "Un dieu indifférent", précise-t-il.

Le tapis est constitué de rectangles, comme "des carrés de cimetière", séparés par des allées qui quadrillent la surface de béton gris de la grande nef. Les vêtements qui les constituent "sont des corps en attente de la mise à mort", explique l'artiste. Sur les piliers métalliques aux quatre coins des rectangles, des hauts-parleurs diffusent chacun un battement de coeur enregistré. Ces centaines de coeurs, qui représentent des centaines de gens, forment un choeur assourdissant qui se veut angoissant. Il peut évoquer des tambours, le roulement d'un train...

Le titre de l'exposition, Personnes, "désigne tout à la fois quelqu'un et la négation de quelqu'un. Dans ce projet, il s'agit du passage entre "être" et "n'être plus", entre personnes et personne", explique Christian Boltanski. Il s'agit pour lui de questionner, mais "il n'y a pas de réponse", prévient-il.

L'artiste ne veut pas que le visiteur soit un spectateur de l'oeuvre mais qu'il soit plongé dedans, "que le corps subisse différents stades d'émotion". Le son, la lumière, le froid, doivent susciter des émotions. La lumière, en ce début janvier, est blafarde. Il faudra voir aussi l'installation après la tombée de la nuit, faiblement éclairée par des tubes de néons et quelques lampes palotes au-dessus du mur.

Boltanski, un artiste qui veut faire réfléchir
Christian Boltanski est né en 1944 d'un père juif et d'une mère originaire de la petite bourgeoisie rennaise. Pendant la guerre ses parents ont fait semblant de se séparer et son père s'est en réalité caché dans la maison familiale. Son oeuvre est profondément marquée par la guerre et la Shoah.

Après une enfance isolée, à peine scolarisée, Christian Boltanski se met à peindre à l'âge de 14 ans et s'initie tout seul à l'actualité de l'art contemporain.

En 1968, il présente des saynètes mettant en scène de grandes marionnettes et explore l'autobiographie fictive, avec notamment un film, La vie impossible de C.B. Il compile photos et souvenirs, puis les albums photo et les objets de la vie quotidienne de personnes anonymes. De son univers personnel, il passe à celui d'une foule anonyme.

Pour Christian Boltanski, l'art est un rempart contre l'oubli et la mort, et il projette, depuis dix ans, de nommer tous les hommes dans son oeuvre. Il témoigne de l'humanité avec des photos d'école ou d'identité, des boîtes de biscuits, et des vêtements à partir de 1988. Depuis 2008, il enregistre des battements de coeur et projette de constituer les Archives du coeur de tous les hommes, archives sonores qui seront conservées sur l'île Teshima, au Japon.

Artiste de l'émotion et du vécu qui veut impliquer le visiteur, Boltanski pense qu'"une exposition n'est pas un endroit de divertissement mais un endroit où nous devons sinon prier du moins réfléchir".

Son oeuvre a été reconnue dans le monde entier, notamment en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon. Il a reçu le prix De Gaulle-Adenauer en 2009, le Praemium Imperiale au Japon en 2006, le Kunstpreis Aachen en 1994. Ses oeuvres figurent dans les collections du MoMA de New York, du MNAM du Centre Pompidou, de la Tate Modern de Londres ou de la Haus der Kunst de Munich.

Christian Boltanski vit et travaille à  Malakoff.

 

 



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